Les femmes en marche : Nouvelles d’Afrique

21 novembre 2024 par Marche mondiale des femmes




 Kenya : Renforcer la résilience féministe

Cette semaine au Kenya, les alliés du Mathare Social Justice Centre (MSJC) ont organisé une session communautaire puissante sur la violence basée sur le genre, en se concentrant sur la violence sexuelle à l’encontre des femmes et des personnes handicapées.

La session a abordé des questions urgentes telles que la souillure, l’inceste et le viol, suscitant des discussions approfondies sur la défense du corps des femmes et la protection des personnes vulnérables. Les membres de la communauté se sont rassemblés pour aborder ces questions cruciales, en s’engageant fermement dans la lutte contre la violence.

Simultanément, dans le comté de Kisumu, le nouveau groupe Nambokana/Nyando a tenu une réunion centrée sur la construction d’une économie féministe. Cette réunion a marqué une étape importante vers l’autonomisation économique et structurelle des femmes, renforçant ainsi le leadership et la solidarité féministes au niveau local.

L’équipe kenyane a également participé activement à la production du film « Women on the March : #UntilWeAreAllFree », une plateforme dynamique qui amplifie les voix défendant la liberté, la justice et l’égalité.

 Sahara occidental : Une lutte pour la justice et la souveraineté

La situation actuelle au Sahara occidental demeure une préoccupation majeure pour les défenseurs des droits des femmes et de la libération dans le monde entier. Légalement reconnu comme un territoire non autonome sous mandat des Nations unies, le droit à l’indépendance du Sahara occidental est inscrit dans le droit international, mais reste une question contestée. Sur le plan politique, la région a connu des décennies de troubles, à commencer par l’accord de Madrid de 1975, qui a vu sa partition entre le Maroc, la Mauritanie et l’Espagne.

L’exploitation par le Maroc des ressources naturelles du Sahara occidental s’est heurtée à des obstacles juridiques, la Cour européenne reconnaissant finalement la souveraineté du peuple sahraoui sur ses ressources. Cette victoire juridique pour le Sahara occidental souligne le rejet international des revendications marocaines et renforce la légitimité du Sahara occidental en tant que territoire distinct. Récemment, la Cour internationale de justice a renforcé la cause sahraouie en se prononçant contre l’accord de pêche qui incluait le Sahara occidental, symbolisant ainsi une victoire majeure dans la lutte juridique mondiale pour la souveraineté.

 Zimbabwe : élargissement des réseaux de lutte agricole

Au Zimbabwe, Shanty, Martha et Caroline ont représenté la Marche Mondiale des Femmes (MMF Money Market Funds
MMF
Les Money Market Funds (MMF) sont des sociétés financières des États-Unis et d’Europe, très peu ou pas du contrôlées ni réglementées car elles n’ont pas de licence bancaire. Ils font partie du shadow banking. En théorie, les MMF mènent une politique prudente mais la réalité est bien différente. L’administration Obama envisage de les réglementer car, en cas de faillite d’un MMF, le risque de devoir utiliser des deniers publics pour les sauver est très élevé. Les MMF suscitent beaucoup d’inquiétude vu les fonds considérables qu’ils gèrent et la chute depuis 2008 de leur marge de profit. En 2012, les MMF états-uniens maniaient 2 700 milliards de dollars de fonds, contre 3 800 milliards en 2008. En tant que fonds d’investissement, les MMF collectent les capitaux des investisseurs (banques, fonds de pension…). Cette épargne est ensuite prêtée à très court terme, souvent au jour le jour, à des banques, des entreprises et des États.
Dans les années 2000, le financement par les MMF est devenu une composante importante du financement à court terme des banques. Parmi les principaux fonds, on trouve Prime Money Market Fund, créé par la principale banque des États-Unis JP.Morgan, qui gérait, en 2012, 115 milliards de dollars. La même année, Wells Fargo, la 4e banque aux États-Unis, gérait un MMF de 24 milliards de dollars. Goldman Sachs, la 5e banque, contrôlait un MMF de 25 milliards de dollars.
Sur le marché des MMF en euros, on trouve de nouveau des sociétés états-uniennes : JP.Morgan (avec 18 milliards d’euros), Black Rock (11,5 milliards), Goldman Sachs (10 milliards) et des européennes avec principalement BNP Paribas (7,4 milliards) et Deutsche Bank (11,3 milliards) toujours pour l’année 2012. Certains MMF opèrent également avec des livres sterling. Bien que Michel Barnier ait annoncé vouloir réglementer le secteur, jusqu’à aujourd’hui rien n’a été mis en place. Encore des déclarations d’intention...
1. L’agence de notation Moody’s a calculé que pendant la période 2007-2009, 62 MMF ont dû être sauvés de la faillite par les banques ou les fonds de pensions qui les avaient créés. Il s’est agi de 36 MMF opérant aux États-Unis et 26 en Europe, pour un coût total de 12,1 milliards de dollars. Entre 1980 et 2007, 146 MMF ont été sauvés par leurs sponsors. En 2010-2011, toujours selon Moody’s, 20 MMF ont été renfloués.
2 Cela montre à quel point ils peuvent mettre en danger la stabilité du système financier privé.
) lors d’un rassemblement important pour le Programme Détaillé de Développement de l’Agriculture Africaine (PDDAA), ainsi que lors d’une réunion parallèle avec la FAO. L’équipe a présenté la coordination de la MMF avec les agricultrices et les jeunes, en particulier dans le domaine de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire. Elle a également élargi le réseau pour inclure davantage d’organisations et de groupes alliés qui partagent ces priorités.

Les mises à jour de cette semaine soulignent le courage et la résilience des femmes à travers l’Afrique, travaillant sans relâche pour la justice, l’autonomisation et la vision d’une économie féministe. Des réunions locales au Kenya aux victoires internationales pour le Sahara occidental, la mission de la MMF reste claire : « Nous marchons jusqu’à ce que toutes les femmes soient libres ».


Autres articles en français de Marche mondiale des femmes (43)