Série : Comprendre ce qui s’est passé en Grèce en 2015 quand l’espoir venait d’Athènes
10 mars par Eric Toussaint
Source : The Street Pavers, Umberto Boccioni, 1914, CC, The Met, https://www.metmuseum.org/art/collection/search/485555
Dans l’article précédent intitulé « Grèce 2015 : Les propositions de Varoufakis menaient à l’échec », j’ai analysé de manière critique les propositions faites par Varoufakis avant de participer au gouvernement de Tsipras en janvier 2015, en montrant qu’elles menaient à l’échec. Ce deuxième chapitre porte notamment sur les liens entretenus par Yanis Varoufakis avec la classe politique dirigeante grecque (tant le PASOK historiquement lié à la social-démocratie, que le parti conservateur Nouvelle Démocratie) depuis plusieurs années.
Yanis Varoufakis met l’accent à plusieurs reprises sur le large éventail de ses relations dans le milieu politique grec. Il insiste sur son amitié passée avec Yannis Stournaras (gouverneur de la banque centrale Banque centrale La banque centrale d’un pays gère la politique monétaire et détient le monopole de l’émission de la monnaie nationale. C’est auprès d’elle que les banques commerciales sont contraintes de s’approvisionner en monnaie, selon un prix d’approvisionnement déterminé par les taux directeurs de la banque centrale. de la Grèce depuis 2014, allié de Mario Draghi et des banquiers privés grecs et étrangers), sur ses bons rapports en 2009 avec Georges Papandréou (membre du PASOK, premier ministre de 2009 à 2011 qui a mis en œuvre la politique conduisant au premier mémorandum), sur ses relations avec Antonis Samaras (membre de Nouvelle Démocratie, qui a dirigé le gouvernement grec de 2012 à 2015 après le deuxième mémorandum) et il consacre une partie importante des quatre premiers chapitres du livre à relater la construction de rapports étroits de collaboration et à certains moments de complicité avec trois dirigeants de Syriza. Il s’agit, nous les avons déjà rencontrés dans le chapitre précédent, d’Alexis Tsipras (qui a conduit le peuple grec au troisième mémorandum), Nikos Pappas (l’alter ego de Tsipras, devenu ministre d’État dans le gouvernement Tsipras I) auquel s’est ajouté, en cours de route, Yanis Dragasakis (avant que celui-ci devienne vice-premier ministre des gouvernements Tsipras I et II). Dans ce deuxième chapitre, je vais aborder le récit du début de la crise grecque ainsi que les relations de Varoufakis avec la classe politique grecque.
Yanis Varoufakis relate de manière très discutable l’enchaînement des évènements qui ont conduit à l’imposition du premier mémorandum de mai 2010. Tout en s’en défendant, il conforte la narration officielle selon laquelle la cause de la crise réside dans l’incapacité de l’État grec à faire face à la dette
Dette
Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
publique. Bien qu’il dénonce l’état lamentable dans lequel les banques privées grecques s’étaient placées [1], il met l’accent sur l’incapacité de l’État à faire face à la situation et déclare que celui-ci aurait dû se déclarer en faillite. Il omet la possibilité pour l’État de refuser d’assumer les pertes des banques. Son raisonnement sur la faillite de l’État grec tient au fait que, selon lui, le passif
Passif
Partie du bilan composé des ressources dont dispose une entreprise (capitaux propres apportés par les associés, provisions pour risques et charges, dettes).
(c’est-à-dire les dettes) des banques privées était, qu’on le veuille ou non, à charge de l’État. Le passif des banques privées était tellement élevé que l’État grec était incapable d’y faire face. Pourtant, à différents moments de l’histoire, des États ont refusé d’assumer les pertes des banques privées. L’Islande l’a fait à partir de 2008 lors de l’effondrement de son secteur bancaire privé et s’en est très bien tirée. Elle a même su faire face victorieusement aux menaces de la Grande-Bretagne et des Pays-Bas qui, pour protéger leurs propres banques, pressaient le gouvernement islandais d’assumer les pertes de ses banques privées [2].
Il ne suffit pas de dire que la Grèce n’est pas l’Islande, il ne suffit pas d’affirmer que la Grèce fait partie de la zone euro et devait y rester pour mettre fin au débat. Varoufakis adopte une attitude foncièrement conservatrice du point de vue économique et social. Il dénonce les banquiers grecs mais la solution qu’il a proposée à Alexis Tsipras à partir de juin 2012 consistait à transférer la propriété des banques grecques à l’Union européenne.
Par ailleurs, il est évident qu’il fallait remettre en cause le paiement de la dette publique qui avait fortement augmenté, principalement dans les années 1990, du fait de la poursuite d’objectifs illégitimes (dépenses militaires excessives, financement des cadeaux fiscaux aux grandes entreprises et aux plus riches, financement par la dette de la baisse des cotisations sociales au bénéfice du patronat…) ou du financement de cette dette à des conditions illégitimes (taux d’intérêt
Taux d'intérêt
Quand A prête de l’argent à B, B rembourse le montant prêté par A (le capital), mais aussi une somme supplémentaire appelée intérêt, afin que A ait intérêt à effectuer cette opération financière. Le taux d’intérêt plus ou moins élevé sert à déterminer l’importance des intérêts.
Prenons un exemple très simple. Si A emprunte 100 millions de dollars sur 10 ans à un taux d’intérêt fixe de 5 %, il va rembourser la première année un dixième du capital emprunté initialement (10 millions de dollars) et 5 % du capital dû, soit 5 millions de dollars, donc en tout 15 millions de dollars. La seconde année, il rembourse encore un dixième du capital initial, mais les 5 % ne portent plus que sur 90 millions de dollars restants dus, soit 4,5 millions de dollars, donc en tout 14,5 millions de dollars. Et ainsi de suite jusqu’à la dixième année où il rembourse les derniers 10 millions de dollars, et 5 % de ces 10 millions de dollars restants, soit 0,5 millions de dollars, donc en tout 10,5 millions de dollars. Sur 10 ans, le remboursement total s’élèvera à 127,5 millions de dollars. En général, le remboursement du capital ne se fait pas en tranches égales. Les premières années, le remboursement porte surtout sur les intérêts, et la part du capital remboursé croît au fil des ans. Ainsi, en cas d’arrêt des remboursements, le capital restant dû est plus élevé…
Le taux d’intérêt nominal est le taux auquel l’emprunt est contracté. Le taux d’intérêt réel est le taux nominal diminué du taux d’inflation.
abusifs prélevés par les banques), et suivant des modalités qui étaient marquées par la corruption et d’autres facteurs d’illégalité [3].
« En automne 2009, un nouveau gouvernement grec a été élu avec la promesse suivante : dépenser plus pour aider la montagne du revenu de la nation à se reconstruire. Sauf que le nouveau Premier ministre et son ministre des Finances, issus du parti social-démocrate, le Pasok, n’ont pas compris. La faillite de l’État était déjà là, avant même qu’ils prêtent serment. » » [4], écrit Varoufakis
Cependant, il est faux d’affirmer que l’État était en faillite. Ce discours conforte la présentation mensongère donnée par la Troïka et les médias dominants. Ce que ne dit pas Varoufakis, c’est que Papandréou a dramatisé la situation de la dette publique et du déficit public au lieu de faire supporter le coût de la crise bancaire privée aux responsables, tant étrangers que nationaux (à savoir les actionnaires privés, les administrateurs des banques, les banques étrangères et autres sociétés financières qui avaient contribué à générer la bulle spéculative). Le gouvernement de Papandréou a fait falsifier les statistiques de la dette grecque en 2009, non pas pour la sous-estimer (comme la narration dominante le prétend) mais pour l’augmenter [5]. Or Varoufakis ne dénonce pas la falsification, il prend pour argent comptant les affirmations de Papandréou et de son ministre des Finances sur l’état dramatique des finances publiques.
Le niveau du déficit pour 2009 subit plusieurs révisions à la hausse, de 11,9 % du PIB
PIB
Produit intérieur brut
Le PIB traduit la richesse totale produite sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées.
Le Produit intérieur brut est un agrégat économique qui mesure la production totale sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées. Cette mesure est notoirement incomplète ; elle ne tient pas compte, par exemple, de toutes les activités qui ne font pas l’objet d’un échange marchand. On appelle croissance économique la variation du PIB d’une période à l’autre.
en première estimation à 15,8 % dans la dernière. Andréas Georgiou, directeur en 2009-2010 de l’office grec des statistiques ELSTAT (alors qu’il occupait encore un mandat au FMI
FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.
À ce jour, 190 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).
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) a été condamné en août 2017. Sous le titre : « En Grèce, condamnation de l’ancien chef des statistiques, qui avait maquillé les chiffres du déficit public », voici ce qu’en dit le quotidien Le Monde dans son édition du 1er août 2017 : « Andréas Georgiou, ancien chef de l’office des statistiques grecques, Elstat, au cœur de la saga des faux chiffres du déficit public au début de la crise de la dette, a été condamné, mardi 1er août, à deux ans de prison avec sursis. Le tribunal correctionnel d’Athènes l’a jugé coupable de « manquement au devoir », selon une source judiciaire. Cet ancien membre du Fonds monétaire international était poursuivi pour s’être entendu avec Eurostat (l’office européen de statistiques, dépendant de la Commission) afin de grossir les chiffres du déficit et de la dette publique grecs pour l’année 2009. Le but supposé : faciliter la mise sous tutelle financière du pays, avec le déclenchement, en 2010, du premier plan d’aide internationale à la Grèce – on en est au troisième, depuis août 2015. » [6]
Par ailleurs, contrairement à ce qu’affirme Varoufakis, les banques privées n’ont pas stoppé les crédits à l’État grec en 2009, ce sont les crédits aux secteurs privés grecs qui ont été interrompus au cours de cette année. A l’automne 2009, l’État grec réussissait sans difficulté à lever des fonds. L’arrêt des crédits des marchés financiers
Marchés financiers
Marché financier
Marché des capitaux à long terme. Il comprend un marché primaire, celui des émissions et un marché secondaire, celui de la revente. À côté des marchés réglementés, on trouve les marchés de gré à gré qui ne sont pas tenus de satisfaire à des conditions minimales.
à l’État a eu lieu en 2010, après que Papandréou a dramatisé la situation et au moment du lancement du processus du 1er mémorandum.
Varoufakis explique à plusieurs endroits du chapitre 2 de son ouvrage qu’il entretenait, malgré des divergences évidentes, de bons rapports avec Papandréou. Il ajoute :
« En janvier 2010, au cours d’un entretien à la radio, j’ai prévenu le Premier ministre, que je connaissais personnellement et avec qui j’avais des rapports plutôt amicaux, en lui disant : « Quoique tu fasses, ne va pas chercher des emprunts d’État chez nos partenaires européens pour essayer, en vain, d’éviter la banqueroute. » [7]
Sur ce dernier point, Varoufakis a raison : il ne fallait pas aller chercher des crédits du côté de la Troïka. Par contre, Varoufakis a tort quand il affirme que l’État grec aurait dû se déclarer en faillite. Une alternative, opposée à la politique mise en pratique par Papandréou et différente de celle avancée par Varoufakis (la mise en faillite de l’État), était pourtant possible et nécessaire. Suite à sa victoire électorale de 2009 obtenue grâce à une campagne dénonçant les politiques néolibérales menées par Nouvelle Démocratie, le gouvernement de Papandréou, s’il avait voulu respecter ses promesses électorales, aurait pu et aurait dû socialiser le secteur bancaire en organisant une faillite ordonnée des banques et en protégeant les déposants. Plusieurs exemples historiques attestent qu’une faillite aurait été tout à fait compatible avec le redémarrage rapide des activités financières au service de la population. Il fallait s’inspirer de ce qui se faisait en Islande depuis 2008 [8] et de ce qui avait été réalisé en Suède et en Norvège dans les années 1990 [9]. Papandreou a préféré suivre l’exemple scandaleux et catastrophique du gouvernement irlandais qui a sauvé les banquiers en 2008 et allait en novembre 2010 devoir accepter un plan d’aide européen qui a eu des effets dramatiques pour le peuple irlandais. Il fallait aller plus loin que l’Islande et la Suède avec une socialisation complète et définitive du secteur financier. Il fallait faire supporter les pertes de la résolution de la crise bancaire par les banques étrangères et par les actionnaires privés grecs tout en poursuivant en justice les responsables du désastre bancaire. Une telle démarche aurait permis à la Grèce d’éviter la succession de mémorandums qui ont soumis le peuple grec à une crise humanitaire dramatique et à l’humiliation sans pour autant assainir véritablement le système bancaire grec.
A plusieurs reprises Varoufakis se réfère aux contacts qu’il entretenait avec des personnalités de premier plan de la classe politique grecque qu’elle soit du PASOK ou du principal parti conservateur, la Nouvelle Démocratie.
« Un soir (de 2011, NDLR), en rentrant chez moi après une émission de l’ERT, la radio et la télévision publiques grecques, le fixe a sonné. J’ai décroché et j’ai reconnu la voix d’Antonis Samaras, dirigeant de la Nouvelle Démocratie, le parti conservateur, qui, à l’époque, représentait l’opposition officielle. (…) « On ne se connaît pas, M. Varoufakis, me dit-il, mais je viens de vous regarder à la télévision et il fallait absolument que je vous appelle. Je crois que je n’ai jamais entendu des propos aussi profonds et touchants sur un plateau de télévision. Je voulais vous remercier pour votre prise de position. » Samaras n’est pas le seul membre de l’establishment grec à avoir pris contact avec moi. » [10]
Après avoir reçu un coup de téléphone comme celui de Samaras, d’aucuns se seraient posés la question : « N’est-ce pas inquiétant de recevoir des compliments d’un des dirigeants clés du parti conservateur ? ». Cela n’a pas été le cas de Varoufakis.
Varoufakis ne consacre pas moins de six pages à la relation d’amitié qu’il a liée avec Yannis Stournaras [11]. Entre la fin des années 1990 et la période des mémorandums, Yannis Stournaras est passé du PASOK à la Nouvelle Démocratie. Varoufakis explique :
« C’est lui qui avait réussi à convaincre Bruxelles et Berlin d’intégrer la Grèce à la zone euro. Une fois le pays définitivement admis, en 2000, le Premier ministre, membre du Pasok, l’avait remercié en lui offrant le poste de PDG et Président de la Banque commerciale
Banques commerciales
Banque commerciale
Banque commerciale ou banque de dépôt : Établissement de crédit effectuant des opérations de banque avec les particuliers, les entreprises et les collectivités publiques consistant à collecter des fonds pour les redistribuer sous forme de crédit ou pour effectuer à titre accessoire des opérations de placements. Les dépôts du public bénéficient d’une garantie de l’État. Une banque de dépôt (ou banque commerciale) se distingue d’une banque d’affaires qui fait essentiellement des opérations de marché. Pendant plusieurs décennies, suite au Glass Steagall Act adopté pendant l’administration Roosevelt et aux mesures équivalentes prises en Europe, il était interdit aux banques commerciales d’émettre des titres, des actions et tout autre instrument financier.
de Grèce [12]. C’est à cette époque que nous avions fait connaissance. […] Nos points de vue d’économistes et nos opinions politiques divergeaient, mais son engagement à l’université et nos affinités naturelles ont donné naissance à une profonde amitié. » [13]
Yanis Varoufakis raconte qu’ils ont passé ensemble, dans l’appartement de Stournaras, la soirée électorale du 4 octobre 2009 qui a vu la victoire du PASOK. A cette époque, Stournaras était un des hauts conseillers des « socialistes » et avait épousé l’orientation pro-mémorandaire de Papandréou. Varoufakis poursuit : « En 2010, année cruciale pour la Grèce, Stournaras a fait un choix qui en a surpris plus d’un en devenant président d’un think-tank d’économistes créé à l’origine par la Confédération nationale des industries de Grèce, l’organisation patronale la plus puissante et la plus établie du pays, traditionnellement liée à la Nouvelle Démocratie. » [14] Cela n’a pas affecté leur amitié. Un mois avant les élections de mai 2012, Varoufakis de passage à Athènes a appelé Stournaras : « je l’ai retrouvé le lendemain dans le café d’un hôtel situé au pied de l’Acropole. Nous sommes tombés dans les bras l’un de l’autre (…). Puis nous sommes passés aux choses sérieuses et je l’ai briefé sur les discussions que j’avais eues à Berlin avec des représentants de la BCE
BCE
Banque centrale européenne
La Banque centrale européenne est une institution européenne basée à Francfort, créée en 1998. Les pays de la zone euro lui ont transféré leurs compétences en matières monétaires et son rôle officiel est d’assurer la stabilité des prix (lutter contre l’inflation) dans la dite zone.
Ses trois organes de décision (le conseil des gouverneurs, le directoire et le conseil général) sont tous composés de gouverneurs de banques centrales des pays membres et/ou de spécialistes « reconnus ». Ses statuts la veulent « indépendante » politiquement mais elle est directement influencée par le monde financier.
et du gouvernement allemand, avec des journalistes financiers et d’autres. J’ai également mentionné une conversation que j’avais eue avec George Soros. Qui était d’accord avec mon analyse de la situation de la Grèce et avec l’essentiel de mes propositions de politique économique pour l’Europe en général. » [15] Varoufakis explique que Stournaras et lui ne sont pas tombés d’accord sur la viabilité du mémorandum mais qu’ils se sont quittés en se promettant de conserver intacte leur amitié. Les choses se sont gâtées quand Stournaras quelques mois plus tard a accusé Varoufakis de spéculer avec George Soros sur les titres de la dette
Titres de la dette
Les titres de la dette publique sont des emprunts qu’un État effectue pour financer son déficit (la différence entre ses recettes et ses dépenses). Il émet alors différents titres (bons d’état, certificats de trésorerie, bons du trésor, obligations linéaires, notes etc.) sur les marchés financiers – principalement actuellement – qui lui verseront de l’argent en échange d’un remboursement avec intérêts après une période déterminée (pouvant aller de 3 mois à 30 ans).
Il existe un marché primaire et secondaire de la dette publique.
grecque [16]. C’est à ce moment que leur relation s’est interrompue. Entretemps, Stournaras était devenu ministre de la Compétitivité (mai-juin 2012). Après les élections de juin 2012, il est devenu ministre des Finances du gouvernement d’Antonis Samaras. Ensuite, à partir de juin 2014, Samaras l’a placé à la tête de la banque centrale de la Grèce où il se trouve encore.
J’ai pris la peine de résumer ce passage du livre de Varoufakis, parce qu’il est révélateur de l’aisance avec laquelle il évoluait dans les milieux de la classe politique grecque. Même si à l’époque il n’occupait aucune fonction officielle, il entretenait des relations avec des responsables de l’élite politique grecque et certaines de ses idées n’étaient pas rejetées par les dirigeants conservateurs, loin de là. Manifestement, cela ne le gênait pas puisqu’il en fait largement état dans son livre.
[1] De mon côté j’ai analysé la crise des banques grecques dans « Grèce : Les banques sont à l’origine de la crise », publié le 23 décembre 2016 http://www.cadtm.org/Grece-Les-banques-sont-a-l-origine
Voir aussi Patrick Saurin, “La « Crise grecque » une crise provoquée par les banques”, publié le 21 avril 2016 http://www.cadtm.org/La-Crise-grecq...
[2] CADTM - Le tribunal de l’AELE rejette les réclamations « Icesave » contre l’Islande et ses habitants, publié le 29 janvier 2013, http://www.cadtm.org/Le-tribunal-de-l-AELE-rejette-les
[3] Voir le chapitre 1 du Rapport de la Commission pour la vérité sur la dette grecque, La Vérité sur la dette grecque, éditions Les Liens qui Libèrent, Paris, 2015.
[4] Yanis Varoufakis, Conversations entre adultes. Dans les coulisses secrètes de l’Europe, Les Liens Qui Libèrent, Paris, 2017, 526 pages, chap. 2, p. 41
[5] C’est ce que démontre très clairement la Commission pour la Vérité sur la dette publique grecque dans son rapport de juin 2015 (voir le chapitre 2, p. 17 de http://www.cadtm.org/Rapport-preliminaire-de-la ).
[6] In Le Monde du 01 août 2017 qui titrait « En Grèce, l’ancien chef des statistiques est condamné pour « manquement au devoir ». Andréas Georgiou, l’ancien patron de l’office des statistiques grecques, a été condamné à deux ans de prison avec sursis, mardi 1er août. »
http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/08/01/grece-la-justice-condamne-l-ancien-chef-des-statistiques_5167573_3214.html#Zr8XIXFTIbLUtBT5.99 De son côté, la presse conservatrice grecque (notamment le quotidien Kathimerini) soulignait le mécontentement de la Commission européenne. La porte-parole de la Commission, Mme Annika Breidthardt, a déclaré le 1er août 2017, que la décision du tribunal n’est pas conforme aux décisions précédentes de la justice et a affirmé en substance que la Commission est pleinement confiante dans l’exactitude et la fiabilité des données de l’ELSTAT au cours de la période 2010-2015 et au-delà.
[7] Yanis Varoufakis, Conversations entre adultes, op. cit. p. 41. Varoufakis ajoute : « Convaincu que la faillite était certaine, quelles que soient nos paroles apaisantes, j’ai continué à enfoncer le clou. Par ailleurs, le fait que j’avais rédigé des discours pour le Premier ministre Papandreou a retenu l’attention de la BBC et d’autres organes de presse étrangers. » op. cit. p. 41.
[8] Renaud Vivien, Eva Joly, « En Islande, les responsables du naufrage bancaire n’ont pas pu acheter leur procès », publié le 20 février 2016, http://www.cadtm.org/En-Islande-les...
[9] Mayes, D. (2009). Banking crisis resolution policy - different country experiences. Central Bank of Norway.
[10] Yanis Varoufakis, Conversations entre adultes, chap. 2, p. 48-49.
[11] Yanis Varoufakis, Conversations entre adultes, chap. 3, p. 79 à 84.
[12] Cette banque a ensuite changé de nom, elle s’est appelée Emporiki et a été achetée par la banque française Crédit agricole.
[13] Op. Cit. p. 79.
[14] Op. Cit. p. 80.
[15] Op. Cit. p. 80.
[16] Varoufakis relate cela pages 81-82.
Docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, porte-parole du CADTM international et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France.
Il est l’auteur des livres, Banque mondiale - Une histoire critique, Syllepse, 2022, Capitulation entre adultes : Grèce 2015, une alternative était possible, Syllepse, 2020, Le Système Dette. Histoire des dettes souveraines et de leur répudiation, Les liens qui libèrent, 2017 ; Bancocratie, ADEN, Bruxelles, 2014 ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet des livres AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège.
Il a coordonné les travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015 par la présidente du Parlement grec. Cette commission a fonctionné sous les auspices du parlement entre avril et octobre 2015.
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