De Biden à Trump : la crise de la dette étudiante aux États-Unis

13 février par Vincent Noirhomme


Source : American Association of University Professors, CC, Flickr, https://www.flickr.com/photos/aaup/52776895017

En quatre ans, l’administration Biden - Harris est parvenue à annuler la dette étudiante de 5,3 millions de personnes pour un montant total de 189 milliards de dollars. Un record certes, mais qui pèse peu face aux 1 777 milliards que représentent la dette étudiante aux États-Unis. Incapable d’apporter des changements structurels à un système de prêts étudiants complètement brisé, Biden remet le sort de près de 43 millions d’étudiant.e.s entre les mains d’un Donald Trump qui ne semble pas considérer l’éducation comme un sujet d’importance.



Entre 2006 et 2024, la dette étudiante est passée de 520 à plus de 1770 milliards de dollars

Il l’avait promis lors de sa campagne, il quitte son poste avec le sentiment du devoir accompli. Joe Biden est le président étasunien a avoir annulé le plus de dettes étudiantes dans l’histoire de son pays. Bien que réjouissante, il s’agit pourtant d’une piètre performance. Entre 2006 et 2024, la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
étudiante est passée de 520 à plus de 1770 milliards de dollars. Une situation catastrophique qui aurait dû imposer une réaction sérieuse et rapide de la part des différentes administrations. A la place, sous l’administration Biden - Harris, seul.e.s 12% des étudiant.e.s concerné.e.s ont bénéficié d’une remise ou d’une annulation totale de leur dette, laissant les 88% restants dans l’attente d’un changement qui risque de ne jamais arriver.

Ce manque de vigueur est pourtant loin d’être surprenant. D’une part, cette annulation de dette va à l’encontre des intérêts de l’élite bourgeoise étasunienne dont Biden et les autres membres du gouvernement font partie. Ensuite, le système juridique permettant d’alléger ou de supprimer les dettes étudiantes est en réalité cadenassé, le mettant de facto au service de l’élite. Enfin, le retour de Donald Trump au pouvoir a semblé complètement bousculer les engagements du président sortant, enterrant les espoirs d’annulation que revendiquent pourtant les millions d’individus concernés. Retour sur quatre ans d’inertie.

 Les promesses de Biden

Nous sommes en 2019. Le camp démocrate s’apprête à choisir le/la représentant.e de son parti dans l’espoir de récupérer le poste de président des États-Unis. Dans la course, plusieurs noms sortent du lot. Deux outsiders d’abord : Elizabeth Warren, sénatrice du Massachusetts, et Bernie Sanders, sénateur du Vermont. Les deux prônent une approche progressiste radicale sur des points cruciaux, avec par exemple la mise en place d’un impôt sur la fortune, une augmentation importante du salaire minimum légal, un soutien au Green New Deal New Deal Nom donné aux mesures prises aux États-Unis par Roosevelt à partir de son élection en 1933 à la présidence pour faire face à la crise économique déclenchée en 1929.

Rappelons que dans le cadre du New Deal aux États-Unis et des politiques keynésiennes qui ont été étendues à l’Europe occidentale après la Seconde Guerre mondiale sous la pression d’importantes mobilisations populaires, les droits sociaux ont été nettement améliorés, une protection sociale importante a été mise en place, les banques d’affaires ont été séparées des banques de dépôts, le taux d’imposition des revenus les plus élevés a atteint 80 % aux États-Unis. On pourrait ajouter que les inégalités dans la répartition des revenus et du patrimoine ont été réduites. À cette époque, le Grand Capital avait été contraint de faire des concessions aux classes populaires qui s’étaient fortement mobilisées. Le gouvernement du président Roosevelt, qui voulait réformer le capitalisme pour le sauver et le consolider, avait dû affronter la Cour suprême qui avait essayé de faire abroger plusieurs de ses décisions. Roosevelt, pressé par la radicalisation à gauche des classes populaires, avait réussi à contrecarrer les décisions de la Cour suprême et avait imposé des mesures fortes, y compris en permettant aux syndicats de se renforcer dans les usines et aux travailleurs de recourir aux grèves pour obtenir des concessions des patrons.
et une annulation totale de la dette étudiante.

Cela fait de nombreuses années que la dette étudiante occupe une position centrale au sein des revendications de la classe travailleuse. C’est notamment le terrain de lutte du Debt Collective, un syndicat d’individus endetté.e.s combattant pour l’annulation totale de la dette étudiante et qui tentent tant bien que mal de faire entendre ses besoins auprès de la classe dirigeante.

Face à ce que l’on pourrait presque considérer comme des programmes de rupture au vu du contexte étasunien, un (vieil) homme (blanc) se dresse : le roi du consensus, Joe Biden. Après deux tentatives ratées en 1988 et 2008, il espère s’appuyer sur son expérience de vice-président sous Obama pour enfin remporter la nomination du parti démocrate. Pour ce faire, une stratégie toute trouvée : viser au milieu.

Biden est conscient des écarts d’intérêts qui existent entre les classes populaires et la classe dirigeante étasunienne. S’il veut éviter que Donald Trump ne l’emporte à nouveau, il doit trouver le moyen de réunir la branche traditionnelle du camp démocrate (qu’il représente ?) avec l’aile progressiste dont les nouvelles générations se revendiquent. Ainsi, grâce à de nombreuses négociations internes, il parvient à remporter la nomination démocrate sans même avoir à attendre la fin des résultats.

Officiellement candidat, il prend de nombreux engagements avec parmi eux, celui de réparer un système de prêts étudiants complètement brisé. Cette décision a beaucoup de pertinence car avec 43 millions d’individus endettés à hauteur de 38 000 dollars par tête, la force électorale est nombreuse. De plus, adopter cette stratégie lui permet d’inclure certaines propositions de Warren et Sanders dans son programme sans pour autant contrarier les piliers du parti.

La suite, nous la connaissons. Biden remporte la course, le monde souffle, les collectifs étudiants militants se dressent avec attention. Il a promis, il va devoir concrétiser.

 Comprendre le contexte pour comprendre les revendications

Entre 1960 et 2024, le coût d’un bachelier de quatre ans dans une université publique américaine passe de 3 716 à 89 556 dollars

Lorsqu’il accède au pouvoir et qu’il prétend s’engager en faveur d’une annulation de la dette étudiante, la situation est critique. Entre 1960 et 2024, le coût d’un bachelier de quatre ans dans une université publique américaine passe de 3 716 à 89 556 dollars, soit une augmentation d’environ 2300%. Cette explosion ne laisse pas vraiment d’option pour tous.tes. celles et ceux qui envisagent d’améliorer leur condition de vie en passant par la case université. Il faut soit compter sur des parents riches, soit s’endetter.

La première relève d’un privilège, la seconde d’un besoin de survie. En effet, de multiples études ont largement démontré que les personnes ayant bénéficié d’un plus grand nombre d’années d’études présentent, entre autre, un risque de mortalité inférieur à celui des personnes ayant passé moins de temps à l’école, une plus faible probabilité de se faire emprisonner, ou encore un plus faible risque de se retrouver au chômage. Un choix on ne peut plus rationnel donc, surtout lorsqu’on regarde le système de soins de santé du pays et que l’on observe en parallèle les conditions d’emprisonnements des détenu.e.s.

Les tâches qui lui incombent sont donc assez simples à comprendre. Il faut stopper l’hémorragie, réparer le système de prêts étudiants et proposer des alternatives pour la suite. C’est dans ce contexte qu’il lance en août 2022 un plan d’allègement de dettes visant à annuler jusqu’à 10 000 dollars pour les personnes gagnant moins de 125 000 dollars par an et jusqu’à 20 000 dollars pour les personnes les plus pauvres, ayant bénéficié de la bourse Bourse La Bourse est l’endroit où sont émises les obligations et les actions. Une obligation est un titre d’emprunt et une action est un titre de propriété d’une entreprise. Les actions et les obligations peuvent être revendues et rachetées à souhait sur le marché secondaire de la Bourse (le marché primaire est l’endroit où les nouveaux titres sont émis pour la première fois). Pell Grant.

En avril 2024, il tente de poursuivre sa démarche en annonçant le Saving on Valuable Education Plan (SAVE), un programme visant à “réduire de moitié les paiements des prêts de bachelier, garantir aux emprunteurs que leur solde n’augmentera jamais en raison des intérêts impayés, aider des millions d’emprunteurs à réduire leurs paiements mensuels et annuler plus rapidement la dette des emprunteurs ayant un solde peu élevé”. Ambitieux et nécessaire, ce programme est cependant suspendu par le Juge J. Randal Hall qui considère que le département de l’Éducation ne possède pas les compétences légales requises pour prendre une telle décision. Faute de temps et d’envie - la campagne présidentielle battant son plein et les chances de victoires s’amincissant - Biden renonce à le défendre.

En janvier 2025, à quelques jours de l’investiture de son successeur, il annonce une ultime ronde de bon sens avec l’annulation de 600 millions de dollars pour près de 4450 emprunteur.euse.s dans le cadre du Income-Based Repayment Plan.

Au total, à travers plus d’une vingtaine d’actions Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
exécutives, l’administration Biden-Harris a annulé la dette de 5,3 millions d’individus pour un montant de 189 milliards de dollars. Un chiffre important qui doit nous réjouir tant il démontre qu’annuler une dette est un choix profondément politique, mais qui laisse malheureusement un goût de trop peu tant la très grande majorité des individus concernés se retrouve maintenue dans une situation inchangée.

 Intérêts personnels

Tout au long de sa carrière politique, à chaque fois qu’il a pu le faire, Biden a prêché contre les intérêts des étudiant.e.s

Pour faire sens de cet échec, il faut d’abord reconnaître que les plans d’annulation proposés par l’administration Biden-Harris se sont retrouvés confrontés à une importante mobilisation juridique du camp républicain. Il faut cependant garder à l’esprit que le parcours politique de Joe Biden a profondément contribué à détériorer le système de prêts étudiantsqu’il avait promis de réparer. Un bref retour s’impose.

D’abord en 1978, lorsqu’il prend la décision de soutenir le Middle Income Student Assistance Act (MISAA), une loi prétendument inclusive visant à éliminer la limite de revenus nécessaires pour contracter un prêt étudiant. En réalité, il s’agit surtout d’une nouvelle manière d’intégrer les tranches les plus pauvres de la population dans la machine de l’endettement. En effet, en additionnant les revenus de base très limités avec des intérêts grimpant et des prêts arrivant à échéance, les individus se sont rapidement retrouvés obligés de contracter de nouveaux prêts s’iels ne voulaient pas se retrouver en défaut de paiement. Les prêts s’accumulant, iels se sont retrouvé.e.s dans le cercle vicieux de la dette, incapables de rembourser leurs créances et donc devenu complètement dépendant.e.s de leurs créanciers.

Il enfonce le clou quelques mois plus tard en co-rédigeant une loi interdisant aux étudiant.e.s endetté.e.s d’accéder à une protection contre la faillite pour ces prêts après l’obtention du diplôme, écrasant les espoirs d’une porte de secours pour celles et ceux qui venaient de s’endetter pour payer leurs études grâce au MISAA.

En 1984 ensuite, il propose une loi élargissant la précédente aux prêts ne concernant pas l’enseignement supérieur, tels que ceux destinés aux écoles professionnelles.

En 2005, enfin, il prend la décision de soutenir le Bankruptcy Abuse Prevention and Consumer Protection Act (BAPCPA), une loi visant à rendre encore plus difficile la possibilité de déposer une demande de mise en faillite.

Pour résumer, tout au long de sa carrière politique, à chaque fois qu’il a pu le faire, Biden a prêché contre les intérêts des étudiant.e.s. Qu’étions - nous en droit d’attendre d’un homme qui a toujours fait prévaloir son ascension personnelle au détriment du bien commun ?

 Intérêts sociétaux

En moyenne, les femmes obtiennent un salaire annuel médian de 56170 dollars une fois diplômée (soit 26% du salaire qu’un homme peut obtenir avec le même niveau d’éducation) et mettent donc en moyenne deux années de plus à rembourser leur prêt

Si l’administration Biden - Harris a prétendu accorder autant d’importance à la dette étudiante, c’est aussi parce que l’État fédéral est quasiment l’unique créancier pour ce type de prêts. En effet, sur les 1 777 milliards de dollars que représente l’emprunt étudiant, 92,4% des prêts sont contractés auprès du Département de l’Éducation. Et avec un taux d’intérêt Taux d'intérêt Quand A prête de l’argent à B, B rembourse le montant prêté par A (le capital), mais aussi une somme supplémentaire appelée intérêt, afin que A ait intérêt à effectuer cette opération financière. Le taux d’intérêt plus ou moins élevé sert à déterminer l’importance des intérêts.
Prenons un exemple très simple. Si A emprunte 100 millions de dollars sur 10 ans à un taux d’intérêt fixe de 5 %, il va rembourser la première année un dixième du capital emprunté initialement (10 millions de dollars) et 5 % du capital dû, soit 5 millions de dollars, donc en tout 15 millions de dollars. La seconde année, il rembourse encore un dixième du capital initial, mais les 5 % ne portent plus que sur 90 millions de dollars restants dus, soit 4,5 millions de dollars, donc en tout 14,5 millions de dollars. Et ainsi de suite jusqu’à la dixième année où il rembourse les derniers 10 millions de dollars, et 5 % de ces 10 millions de dollars restants, soit 0,5 millions de dollars, donc en tout 10,5 millions de dollars. Sur 10 ans, le remboursement total s’élèvera à 127,5 millions de dollars. En général, le remboursement du capital ne se fait pas en tranches égales. Les premières années, le remboursement porte surtout sur les intérêts, et la part du capital remboursé croît au fil des ans. Ainsi, en cas d’arrêt des remboursements, le capital restant dû est plus élevé…
Le taux d’intérêt nominal est le taux auquel l’emprunt est contracté. Le taux d’intérêt réel est le taux nominal diminué du taux d’inflation.
annuel oscillant entre 6 et 9%, ces prêts représentent une véritable mine d’or pour les finances du gouvernement. Pour parler simplement, l’État fédéral étasunien, en tant que créancier quasi - exclusif, profite de son système éducatif pour s’enrichir sur le dos de sa population.
Ensuite, dans une société profondément marquée par les inégalités économiques, matérielles et raciales, les individus ne sont pas impactés de la même manière par ce système de prêts étudiants.

En effet, les personnes racisées sont les plus à risque de contracter un prêt auprès du gouvernement fédéral. De plus, en moyenne, elles terminent leurs études avec une dette d’un montant supérieur de 25 000 dollars en comparaison avec celle des personnes blanches. Enfin, une fois leur bachelier terminé, 48% d’entre elles possèdent une dette plus importante que lorsqu’elles ont commencé leurs études, contre seulement 17% pour les personnes blanches.

Ces inégalités sont également fondées sur base du genre. Les femmes sont les individus qui obtiennent le plus de prêts fédéraux et possèdent 64% de la dette étudiante totale. En moyenne, elles obtiennent un salaire annuel médian de 56170 dollars une fois diplômée (soit 26% du salaire qu’un homme peut obtenir avec le même niveau d’éducation) et mettent donc en moyenne deux années de plus à rembourser leur prêt.

Les femmes noires qui se trouvent au croisement de ces inégalités sont celles qui souffrent le plus des conséquences de l’endettement étudiant. Elle possèdent en moyenne une dette individuelle de 75000 dollars — soit le double de la dette moyenne individuelle (38375 dollars pour rappel) — et voient en moyenne leur dette augmenter de 13% sur les douze années suivant la réception de leur diplôme.

Enfin, l’un des segments démographiques pour qui la dette étudiante est en train d’exploser est celui des individus âgés de plus de 62 ans. En effet, il y a de plus en plus de personnes âgées de plus de 62 ans qui n’ont pas fini de rembourser leur dette d’étudiant-es. Avec une augmentation de 500% sur les deux dernières décennies, iels représentent aujourd’hui près de 2,8 millions d’emprunteur.euse.s et possèdent une dette collective de plus de 121 milliards de dollars.

Le bilan à dresser est simple : l’annulation d’une partie de la dette étudiante étasunienne sous l’administration Biden-Harris n’est que l’arbre qui cache la forêt. Rien n’a été fait pour solutionner les problèmes de manière structurelle.

 La suite ? Quelle suite ?!

Pour beaucoup, la présidence de Joe Biden représentait la meilleure chance de recevoir un allègement ou une annulation totale de leur dette étudiante. Cet espoir s’est avéré vain. Marquées par un engagement fragile, une carrière personnelle prévalente et de multiples blocages judiciaires, ses actions auront été à l’image de son projet politique : complètement apathique. Il faut maintenant se concentrer sur la suite. Et quelle suite. Désormais, c’est Donald Trump qui tient les rênes, et la direction qu’il compte imposer est celle d’un gouvernement capitaliste techno-fasciste prêt à détruire toutes les structures collectives pouvant prétendre s’opposer à son projet. Au sommet de ses préoccupations ? La mise en place d’un libertarianisme autoritaire soutenu par les “broligarches ” de la Silicon Valley. Dans sa ligne de mire ? L’immigration, la fin du Green New Deal, la Chine, les femmes, les minorités. Un positionnement ouvertement xénophobe, misogyne, anti-écologiste et profondément impérialiste. Cette trajectoire, prétend-il, est censée mettre fin aux grands maux du pays. Relancer l’économie, protéger les intérêts de sa population (comprenez les petits blancs), revenir aux anciennes valeurs — la famille, le travail, Dieu — afin que puisse commencer l’âge d’or de l’Amérique au XXIe siècle. Entouré par Zuckerberg, Bezos et Musk, le voilà désormais libre de transmettre son discours pervers, de censurer ceux et celles qui lui portent atteinte, d’occuper tous les espaces publics et médiatiques que lui accorde son statut de président. Cette dette étudiante sert son projet idéologique. Elle est la faiblesse de ses ennemis et le chaos qui y règne lui convient très bien. Les mots de son administration restent les plus parlants.

“Le peuple américain a élu Donald J. Trump à la présidence des États-Unis et lui a donné pour mandat d’accroître l’impact de chaque dollar du contribuable fédéral. [...] L’utilisation des ressources fédérales pour faire progresser l’équité marxiste, le transgendérisme et les politiques d’ingénierie sociale du Green New Deal est un gaspillage de l’argent des contribuables qui n’améliore pas la vie quotidienne de ceux que nous servons.”

 L’éducation comme champ de bataille

L’éducation doit être perçue comme un champ de bataille où intérêts économiques et projets idéologiques s’entremêlent

L’annulation d’une partie de la dette étudiante états-unienne par l’administration Biden - Harris est un événement réjouissant mais qui reste médiocre au vu de l’enjeu que représente l’accès au savoir. Toujours présentée comme un droit fondamental et comme un outil d’émancipation par la classe capitaliste, l’éducation doit être perçue comme un champ de bataille où intérêts économiques et projets idéologiques s’entremêlent. En laissant libre court au bannissement de livres, à la désinformation et à la censure, Biden a rappelé à tout le monde que ce combat n’était pas le sien. Quant à Donald Trump, toujours clairvoyant quand il s’agit de protéger ses intérêts, il semble avoir la ferme intention de profiter du désordre qui règne chez les démocrates pour établir le projet civilisationnel dont il est le garant. Reste encore une fois à la classe des (futur.e.s) travailleur.euses la nécessaire tâche de faire changer les choses.


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